Entretien avec Charlie Bregman, auteur de livres positifs et accompagnateur de bien-être

Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte de Charlie Bregman, un auteur qui se veut positif, et qui a la gentillesse de répondre à mes quelques questions.

Charlie, pour commencer, quelques mots sur votre parcours ?

Tout d’abord, merci Loli Artésia pour votre accueil, ainsi que pour l’attention que vous portez aux auteurs de manière générale.

Charlie Bregman est le pseudonyme que j’ai pris lorsque je me suis décidé à confronter mes écrits au regard des autres, après une vingtaine d’années d’écriture dont je ne n’avais parlé à pratiquement personne. Cette écriture était pour moi une manière d’explorer ma perception du monde et les effets qu’elle engendrait en moi. La protéger, c’était me protéger d’une certaine manière. Comme je manquais de confiance en moi, je ne voulais rien exposer au regard des autres tant que je n’avais pas moi-même mis de l’ordre dans mes plus grosses incohérences.

À un moment donné de ma vie, il y a 12 ans, mes journées « métro boulot dodo » donnaient à ma vie une tournure complètement sinistre. J’étais très actif, et apparemment très performant dans mon travail, mais j’avais besoin de donner un sens à ce que je faisais. Je veux dire un sens plus profond que la nécessité de bien gagner sa vie pour assurer la sécurité matérielle de sa famille.

La vie, c’est ce qui commence lorsque la survie est assurée.

Chez moi, ça a pris du temps, mais c’est en commençant à partager ma perception du monde que j’ai donc eu l’impression de naître vraiment. De me trouver à la bonne place. Même si c’était derrière un pseudonyme.

J’écris des livres pour partager ce que je comprends de la vie. Avec une seule contrainte : toujours publier des livres positifs, qui préfèrent réveiller l’envie de vivre plutôt que de s’attarder sur nos besoins de survie.

Présentez-nous vos livres…

Vivement l’amour est mon premier roman. Premier roman, première fois, premier amour… C’est un livre qui réveille tous les souvenirs que l’on peut avoir de notre propre adolescence. L’histoire se déroule dans les années 80 parce que je suis un grand nostalgique de cette époque, et parce que j’étais moi-même ado à ce moment là. En toile de fond, je me suis inspiré de ce que j’avais vécu, mais l’histoire est une version beaucoup plus mature et vivante que l’adolescence que j’ai « subie ». Mon personnage a le courage que je n’avais pas, et il découvre ainsi, des années avant moi, que le bonheur se trouve toujours juste de l’autre côté de nos peurs. Juste de l’autre côté des obstacles qui ne s’imposent à nous que comme des défis. C’est un livre positif, plein d’humour, plein de vitalité, où chaque mot a été méticuleusement choisi pour faire sourire, mais aussi pour laisser à réfléchir sur le sens des rapports que nous entretenons les uns avec les autres, et sur le fait que l’énergie principale de nos vies reste toujours l’amour.

Je suis en train de finaliser un roman dans lequel on retrouve le personnage principal de ce roman quelques années après, au moment où il bascule dans ce que je dépeins comme le « monde parallèle des adultes ». L’humour est toujours au rendez-vous, mais l’exploration porte sur les rapports que nous entretenons avec l’âme d’enfant que nous gardons en nous. Sur le rapport que nous entretenons entre nos besoins de survie et les rêves qui nous habitent.

L’envers de nos vies est un recueil de nouvelles dans lequel je m’amuse à réveiller les principales émotions qui nous gouvernent, des plus négatives aux plus positives, en expliquant aux lecteurs que plus on avance dans l’échelle des états d’esprit dans lesquels ces émotions nous plongent, plus cela nous révèle la distance qui nous sépare de ce vers quoi notre âme nous pousse.

En parallèle, j’ai trois guides sur l’écriture, l’autoédition et la réalisation des ebooks. Je trouve que l’autoédition, lorsqu’elle se fait plus « édition collaborative » que « autopublication solitaire », est une excellente école pour devenir un écrivain. On y apprend énormément de choses, on y trouve nos lecteurs, nos partenaires, nos correcteurs, des éditeurs nous contactent parfois, bref, on y fait ses classes, et comme j’adore ce terrain de jeu plein de libertés et d’opportunités, j’invite tous ceux qui aiment écrire à se lancer eux aussi dans l’aventure. Pour moi, l’autoédition n’est pas une finalité mais un tremplin. Nous sommes dans une société où les gens ne nous attribuent le « diplôme d’écrivain » pas lorsque nous avons été « lus » par des lecteurs… mais lorsque nous avons été « élus » par un éditeur. C’est comme ça. Même si les mentalités ont déjà énormément évolué en 5 ans, il reste encore trop de gens qui fonctionnent à « l’étiquette ». Autoédition, pour eux, c’est toujours un peu suspect. Et c’est vraiment dommage, car en tant que lecteur, je peux leur assurer que j’ai déjà déniché de sacrées pépites !

Enfin, j’ai une petite série de « développement personnel » en cours d’écriture, mais dont j’ai stoppé la publication pour le moment étant donné le nombre de lectures. Le développement personnel reste associé à une certaine forme de manipulation mentale, en France. Je crois que beaucoup de gens en ont peur. Moi, je ne cherche qu’à partager mon parcours personnel, ce que j’en comprends, et tout en expliquant que dans « développement personnel », il y a surtout « personnel ». À chacun son parcours. À chacun ses convictions et son besoin d’y remettre un peu d’ordre. Je crois que personne ne vient au développement personnel par curiosité. C’est le développement personnel qui s’impose à soi, quand on ressent justement la nécessité fondamentale de comprendre qui l’on est.

Vous vous définissez comme « accompagnateur de bien-être ». Quel sens donnez-vous au mot « bien-être » ?

Le bien-être, c’est ce qui fait référence à une certaine plénitude, pour moi. Le sentiment d’être ce que les anglosaxons définissent par l’expression « the right man at the right place ». Se sentir bien dans ses baskets, allumé de l’intérieur et inspirant pour les autres. Vivant, connecté, relié à soi et aux autres. Cela ne signifie pas que les émotions négatives ne font plus partie de nos vies, mais que nous les acceptons, et surtout, que nous avons compris que ce sont elles qui nous gouvernent, et non le contraire.

Nous sommes des émetteurs récepteurs énergétiques. Nous captons des fréquences, des idées, des émotions, des trucs dans l’air du temps et parfois des trucs un peu en avance sur le temps, et vivre, c’est faire face au libre arbitre d’en restituer quelque chose de positif ou de négatif. C’est tout. Nous ne sommes que des filtres.

Plus notre ego est développé, plus le filtre est encrassé. Normal : l’ego est une protection. Sans lui, nous nous sentons trop vulnérables. Lorsque je dis que le filtre est encrassé, c’est parce que l’ego va jusqu’à nous mentir à nous-mêmes pour nous protéger. Par exemple, je restitue de la colère alors que mon émotion fondamentale est la tristesse. La colère permet de se sentir fort parce que l’ego s’est forgé sur la croyance fausse que la tristesse est une marque de faiblesse. Or, la tristesse est une émotion fondamentale, et nous n’avons pas à la juger, mais juste à l’exprimer. Il n’y a que les émotions fondamentales, qui nous relient aux autres. Que l’authenticité qui nous permette de rester connectés aux êtres spirituels et incarnés que nous sommes. La colère nous coupe des autres. Et donc de nous-mêmes.

« Accompagnateur de bien-être », c’est aider les autres à se retrouver dans un état d’esprit où ils pourront effectuer ce travail de nettoyage des filtres que nous sommes, et ce, dans les meilleures conditions. Quand je parle de « développement personnel », je fais d’abord référence à une nécessité de « dépouillement personnel ». On supprime tout ce qui nous empêche d’être heureux. Car nous sommes des champions de l’auto-flagellation. Le développement personnel vise à nous rendre nos propres responsabilités. Et notamment vis-à-vis des émotions, idées, pensées, que nous exprimons aux autres.

Vous avez réalisé plusieurs guides pour les auteurs indépendants. Pouvez-vous nous en parler ?

Écris ton livre n’est pas un guide « technique » de l’écriture. Je n’ai pas l’expérience suffisante pour avoir cette prétention. Ce livre a deux objectifs : démontrer que le principal obstacle de l’écriture, c’est l’intention (de bien faire) ; et le principal moteur de l’écriture, c’est la motivation. Ce livre partage les solutions que j’ai trouvées pour « lâcher prise » vis-à-vis de mon intention d’écrire un « bon » livre (ce qui est une absurdité en soi si l’on ne comprend pas que le livre est un espace d’accueil pour le lecteur, et que notre travail ne consiste qu’à rendre cet espace le plus fonctionnel possible), et aussi pour me motiver à écrire jusqu’au bout. C’est un livre que j’ai écrit pour communiquer de l’énergie plus qu’un savoir. Si vous n’êtes pas réceptif énergétiquement, ce livre ne vous apportera rien. Il est là pour vous accompagner durant tout le processus d’écriture du premier jet. Pour les corrections, d’autres guides vous seront utiles, mais absolument pas celui-là.

L’auto-édition pourquoi comment pour qui est le résultat d’une enquête auprès de 130 auteurs auto-édités. J’y établis un état des lieux de l’auto-édition, mais aussi de l’industrie du livre dans sa globalité, avec ses paradoxes, ses tabous et ses intérêts. Nous y découvrons les solutions que les auteurs les plus expérimentés ont su mettre en place pour donner une vraie vie à leurs livres, et surtout, nous comprenons que l’auto-édition est une opportunité pour tout le monde, et certainement pas une concurrence malvenue pour les éditeurs ou les libraires.

Le monde évolue. Il faut seulement que tous les acteurs de l’industrie du livre l’acceptent.

Ebook facile est un guide technique dans lequel je partage ma propre méthode pour créer des ebooks, à l’aide de Word, Calibre, et internet. J’ai mis des mois avant de pouvoir générer des livres numériques techniquement irréprochables, que ce soit sur Amazon au format mobi (Kindle) ou sur d’autres plateformes au format ePub. Avec ce petit guide dans lequel je prends par la main le lecteur du début à la fin, avec des impressions d’écran à l’appui, publier des ebooks devient un jeu d’enfant. Pour résumer : je crée un fichier Word que je convertis en format ePub grâce à Calibre, je vérifie s’il ne contient pas d’erreur grâce à un logiciel en ligne, et c’est le format ePub que je télécharge sur les différentes plateformes pour publier mon ebook. Amazon y compris.

Avez-vous des rituels particuliers lorsque vous écrivez ? Ou un moment privilégié dans la journée pour écrire ?

Ma priorité est d’abord de me retrouver dans l’état d’esprit nécessaire pour le projet que je suis en train d’écrire. Si, comme cela a été le cas durant ces dernières années au niveau de ma vie privée, je suis dans un état d’esprit plombé par la colère, la tristesse ou le doute, évidemment, je ne peux pas écrire un livre qui a l’ambition d’être positif et de faire de l’humour.

Je continue d’écrire, mais des choses qui n’entrent pas dans mes projets de publication pour le moment.

Une fois que j’ai retrouvé le bon « état d’esprit », j’essaie d’écrire tous les jours, de préférence le soir pour que le sommeil qui va suivre me permette de prolonger l’exploration au niveau inconscient, et le matin dès le réveil, avant que le mental ne mette trop de barrières.

Dans tous les cas, il me faut être coupé des autres. Même si mon silence à moi peut parfois se remplir de musiques pour l’écriture de certains passages.

L’inspiration vous vient-elle facilement ?

Si le mental ne s’en mêle pas, oui ! Je suis un écrivain qui avance plus en effaçant qu’en écrivant…

Votre plus beau souvenir en tant qu’auteur ?

J’ai beaucoup de bons souvenirs en tant qu’auteur. Tous sont des rencontres avec des gens passionnés, généreux et authentiques, lecteurs ou auteurs.

Une des plus belles rencontres est celle avec Agnès Martin-Lugand, à siroter une coupe de champagne pour fêter le succès de son premier roman. Depuis, quel chemin parcouru pour elle !

D’excellents souvenirs aussi au salon du Livre à Paris. Rencontrer en vrai les personnes avec qui on a interagi toute l’année sur les réseaux sociaux, c’est génial.

D’autres passions hormis l’écriture ?

Je suis passionné d’architecture. Lorsqu’elle se fait accompagnatrice de bien-être, justement.

Et sinon, je suis papa de deux filles. Transmettre des valeurs et une expérience personnelle tout en les invitant à expérimenter par elles-mêmes l’essence de la vie est quelque chose que je trouve aussi difficile que passionnant. La vie est passionnante. Dramatique parfois, mais passionnante par son mystère et la question de ce qui lui succède de l’autre côté.

Avez-vous des projets en cours ?

La publication de mon deuxième roman avant le prochain salon du livre à Paris.


Portrait littéraire

Si vous étiez…

Un roman classique : Les 3 mousquetaires

Un roman contemporain : L’Alchimiste

Une pièce de théâtre : Les Combustibles (Amélie Nothomb)

Un poème : Le Cancre

Un auteur : Jean d’Ormesson

Un personnage de roman : Edmond Wells (Werber)

Un genre littéraire : Un billet sur Facebook !

Un mot : Saperlipopette !

Une citation : « La meilleure façon de réaliser ses rêves, c’est de se réveiller. »
(Paul Valéry)


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Vous souhaitez en savoir plus sur Charlie Bregman et ses livres ?

http://charlie-bregman.iggybook.com

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