La forêt, Luca Tahtieazym

 

Genre : thriller psychologique

Editions : autoédition

Paru en : 2018

Nombre de pages : 398

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1,2,3

Nous irons au bois…

 

Résumé : 1958. Lors d’une sortie scolaire, sept enfants s’égarent en forêt et se réfugient dans une cabane abandonnée, au centre d’une clairière.
Très vite, ils réalisent que toute tentative de fuite les ramène systématiquement à leur point de départ. Un constat s’impose : ils sont prisonniers.
Et le pire n’est peut-être pas cette Chose qui rôde la nuit ; le pire, pour un survivant, ce sont parfois les autres survivants…

 

Première fois que je lis du Luca Tahtieazym. J’en avais entendu parler, bien sûr, et de manière élogieuse, mais le manque de temps et une PAL aussi haute que la Tour Eiffel avaient eu raison de ma curiosité jusque là. Première fois donc, mais ce ne sera pas la dernière, car La forêt m’a fascinée. L’auteur nous offre un excellent thriller psychologique, qui emprunte aux codes du conte. Sept enfants perdus trouvent refuge dans une cabane délabrée. La clairière est un piège, point de départ et d’arrivée, tandis que la nuit dans la forêt un monstre effrayant et invisible menace.

Les premières pages se lisent sans y penser. On note l’usage bien maîtrisé du langage argotique de l’époque. Puis la forêt se referme sur les enfants… et sur le lecteur, qui a lui-même la sensation terrifiante d’être prisonnier. Dès lors, le lecteur n’a plus d’autre choix que d’aller au bout du roman, avec l’espoir de sortir enfin de cette forêt et d’expliquer l’inexplicable.

Le premier quart du roman n’est pas particulièrement surprenant. Prenant, mais sans grande surprise. Les enfants perdus raisonnent avec logique : ils tentent de s’échapper, attendent des secours qui ne viennent pas, organisent leur première nuit dans la cabane, puis la deuxième, puis la troisième, …et comprennent peu à peu que le piège s’est refermé sur eux. La vie s’organise, de nouveaux rôles sociaux se définissent tandis que les tensions s’exacerbent. Parallèlement, des « clés » sont données, auxquelles les enfants ne font pas toujours attention, comme les deux livres trouvés dans la cabane.

Puis, au quart du roman, tout bascule. Dès lors, l’auteur se plaît à déjouer tous les pronostics quant à la survie et à l’évolution de chacun. Le mystère de la forêt sur elle-même s’épaissit, et même les « clés » potentielles de ce mystère amènent davantage de questions encore. Peu à peu, la forêt happe les survivants, les remodèle, jusqu’à ce qu’ils aient oublié à peu près tout de leur monde originel. Les survivants grandissent, vieillissent ; toutefois, il est à noter que dans leur manière d’être, ils gardent une certaine enfance. Ils sont ignorants de l’âge adulte, ils n’ont pas eu le temps d’apprendre.

Je ne rentrerai pas davantage dans les détails, car il est très compliqué de parler de ce livre sans spoiler. Mais je peux vous dire que la plume de Luca Tahtieazym mérite qu’on s’y intéresse. C’est un thriller de grande qualité, et dont le mystère reste intact jusqu’au bout. Au lecteur de résoudre l’énigme de la forêt sur elle-même, s’il y parvient. Les survivants pensent qu’ils sont piégés par la volonté de l’Autre, entité invisible et indéfinissable. Et si l’Autre était en réalité l’auteur ? Créateur de la forêt en rond, chef d’orchestre de ses personnages, omniprésent et toujours invisible (comme le monstre dans la forêt, d’ailleurs). Serait-ce lui, l’Auteur, le coupable de cette séquestration littéraire ?

 

Je remercie vivement l’auteur de m’avoir accordé sa confiance !

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