Pardon, Erika Boyer

 

Genre : romance contemporaine

Editions : autoédition

Paru en : 2016

Nombre de pages : 320

En savoir plus : Amazon

Inséparables

 

Résumé : « Je ne veux pas tourner la page. J’aime ce livre dont nous sommes les héros. »

Tandis que le monde évolue et que la jeunesse fait preuve d’une plus grande ouverture d’esprit qu’avant, il reste tout de même des sujets dont il ne faut pas parler, des tabous qui ne sont pas prêts à être brisés. Mais quand l’inceste cache un amour inconditionnel, que deux âmes ont simplement eu la malchance de ne pas naître dans les bons corps, n’est-il pas envisageable d’accepter l’inacceptable ?

Will ne prendra pas le risque, il préférera partir à 600 km de sa soeur plutôt que de potentiellement l’entraîner dans sa déchéance. Reste à savoir si « loin des yeux, loin du coeur » est une réalité ou bien un proverbe menteur, et si Sarah acceptera de perdre son frère dans ce sacrifice amoureux.

 

Erika Boyer aborde dans ce premier roman le thème particulièrement tabou de l’inceste consenti. C’est dit, répété, l’auteur prévient dès le départ et rappelle le caractère légal de cet inceste. Certains lecteurs pourront en être choqués, les plus jeunes sans doute. Moi, je suis une vieille qui a lu et écrit tellement de choses choquantes que ce n’est pas un peu de romance incestueuse qui me traumatise. D’autant que le sujet est traité comme une véritable romance. D’autant que les personnages, Will et Sarah, sont frère et soeur, ce qui passe beaucoup mieux que si cela avait concerné la mère et le fils, l’oncle et la nièce, etc. Voilà pour le caractère « choquant » du roman, dont la thématique m’a rappelé le manga Angel Sanctuary (dont l’un des personnages principaux s’appelle Sara).

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, le lecteur est plongé dans l’esprit légèrement torturé de Will, le grand frère. Celui-ci a décidé de quitter sa Bretagne natale pour étudier à Bordeaux et ainsi éviter sa soeur. C’est un garçon légèrement torturé. Le genre à se retourner le cerveau dans tous les sens, parce qu’il aime sa soeur mais c’est pas bien, il faut pas. Il est jeune, gentil, un peu con (en ce qui concerne Sarah en tout cas) et aux valeurs morales profondément ancrés (c’est normal : il est jeune). On a de la peine pour ce pauvre Will, contraint de vivre une existence monacale la plupart du temps. Heureusement que Sarah est plus sensée que lui…

L’histoire est traitée avec une certaine légèreté malgré tout, elle est agréable, elle se lit vite et avec plaisir. Les personnages sont bien construits, attachants ; l’atmosphère bordelaise très bien décrite. L’auteur a la capacité étonnante de se placer dans le corps d’un personnage masculin avec une grande finesse, ce qui est à saluer. L’écriture est fluide, plaisante, alterne entre la légèreté attendue dans une romance et un langage plus cru, brutal, parfaitement maîtrisé.

Un joli roman à découvrir, une plume maîtrisée et intelligente.

3 commentaires sur “Pardon, Erika Boyer

  1. Je suis toujours perturbée par le fait que tu aies lu ce premier roman auquel je trouve tant de défauts (en dépit de mon attachement pour lui, ce qui est normal, c’est le premier ♡) mais je suis contente que tu l’aies trouvé agréable à lire. Pour toi qui n’es pas gênée par l’inceste et en as sûrement lu et/ou écrit, il n’y a peut-être pas eu le charme du tabou et de l’inédit, mais je suis quand même heureuse de voir que tu as trouvé d’autres points positifs à ‘Pardon’ !

    Merci pour les beaux compliments que tu me fais via cette chronique, cela me touche beaucoup.

    1. Il n’a pas tant de défaut que cela ! Où vois-tu tous ces défauts, franchement ? J’ai vraiment aimé cette lecture, elle est très agréable à lire. Quant à l’inceste, cela ne m’a pas choquée effectivement, mais j’ai trouvé audacieux que tu écrives sur ce thème 🙂

      1. Je vois ton commentaire trois mois en retard, heureusement que le site devait m’envoyer un mail en cas de réponse xD
        Bref, moi je vois plein de défauts, des longueurs, des tournures que je verrais autrement aujourd’hui… mais j’imagine que c’est normal de penser comme ça. Le plus important, c’est que toi tu aies apprécié la lecture au final !

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