Poussières de toi, Lily B Francis

 

Genre : littérature contemporaine

Editions : autoédition

Nombre de pages : 364

Paru en : 2018

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Un roman cathartique

 

Résumé : « Et en écho à ma détresse des rires me parviennent, se moquant de l’ironie du sort. Je me retourne et je vois au loin des enfants faisant des pirouettes dans le skate parc. Voilà, c’est le début de ma peine. » Alice, enceinte de 5 mois apprend que le bébé qu’elle porte est atteint d’un syndrome provoquant de lourdes malformations et qu’elle doit subir une interruption médicale de grossesse. Entre déni, incompréhension et colère, elle va tenter de faire son deuil et d’avancer. L’espoir d’une nouvelle grossesse et une rencontre imprévue vont bouleverser sa vision de la vie, de la famille et du monde. Ce livre présente les émotions ressenties par toutes ces mamans sans bébés dont les cris sont muets. Avec pudeur et délicatesse il dévoile le chemin d’Alice vers l’acceptation, jusqu’à l’arrivée de l’arc-en-ciel.

Tout d’abord, merci beaucoup à Lily de m’avoir confié son livre en bêta-lecture. Merci pour ta confiance.

Lily B. Francis, connue pour ses Chroniques d’une princesse machiavélique, a délaissé sa pétillante saga pour un sujet peu abordé en littérature : l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse). Sur ce point, tout d’abord, un recadrage pour ceux qui l’ignorent : l’IMG est un avortement pour raison médicale, lorsque la grossesse doit être interrompue car le foetus ne se développe pas correctement, ou est décédé in utero, ou encore car cela met la vie de la mère en danger avéré.

L’auteur nous raconte la vie d’Alice, celle avant son IMG, qui la conduit à vivre avec un homme qu’elle n’aime pas vraiment, mais dont elle aime l’amour. Un personnage fragile se dessine, au besoin éperdu d’affection et de douceur, qui nie souvent ses besoins et ses envies et s’accable trop régulièrement de tous les torts (tiens, ça me rappelle Agnès, la princesse machiavélique…).

Puis vient le drame, la douleur, l’incompréhension, le moment de l’IMG si justement décrit dans sa sordidité. Alice culpabilise, à tel point que le lecteur a envie d’interrompre net son récit pour lui crier de cesser l’autoflagellation. Elle tente de se reconstruire, d’être en phase avec elle-même. La perte de son enfant la poursuit, et la difficulté de faire le deuil d’un bébé qui n’a pas vécu, sinon in utero, est difficile. Je garde à l’esprit cette phrase que je trouve très vraie : « Mais au fait, c’est vrai : elle n’a jamais existé » et qui témoigne de toute la complexité du deuil périnatal.

Le récit est plus léger qu’on aurait pu le penser, la plume pétillante, acidulée et tendre de Lily B. Francis ressort malgré la gravité du sujet. L’écriture est délicate, pudique, douce, féminine, à l’image de l’auteur. Bref, c’est un beau roman, cathartique, nécessaire à la résilience. Un roman sur la guérison, un roman lumineux et porteur d’espoir. A l’image de son auteur…

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