Rosa Mogliasso, Si belle, mais si morte

 

Genre : littérature contemporaine

Editions : Finitude

Paru en : 2017

Nombre de pages : 136

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Escarpins rouge sang

 

Résumé : Un chemin sur la berge d’un fleuve. Ils sont nombreux à l’emprunter chaque matin : une jeune femme y promène son chien, un couple de lycéens s’y cache pour sécher les cours, un clochard y traîne sa folie, un jeune boulanger aime y méditer.
Mais ce jour-là, au bord de l’eau, une femme aux escarpins rouges est allongée. Morte.
Tous passeront devant elle, tous la verront, aucun n’interviendra. Personne n’appellera la police, personne n’en parlera. Ils ont tous d’excellentes raisons de l’ignorer et de tenter de se convaincre qu’un autre s’en chargera.
Mais il n’est pas si facile de vivre avec cette lâcheté, cette indifférence, cet égoïsme. Chez chacun d’eux, la confrontation avec la belle morte causera un séisme intime. Et leur vie s’en trouvera radicalement changée.

Un roman efficace et malin, qui mêle avec naturel réflexion sociologique et comédie à l’italienne.

 

 

A quoi tient le déroulement d’une journée, le cours d’une vie ? Chacun des personnages présents sur la berge a déjà déterminé la suite de sa journée et n’entend pas en être dévié. Chacun a quelque chose à faire, quelque amoureux à rêver, quelque folie à étancher. A chacun son histoire, son passé, son présent et le futur qu’il se réserve. Autant de raisons, anodines d’ailleurs, de passer son chemin.

Malheureusement pour eux, il y a une femme morte sur la berge. Une femme belle, élégante, avec des escarpins rouges, mais morte. Le lecteur suit avec amusement et curiosité les personnages, leur petite lâcheté, leur indifférence forcée. Indifférence qui n’en est pas une, puisque chaque témoin est profondément marqué par cette rencontre.

Ce qu’il est advenu de cette belle morte, ce n’est pas le sujet. D’ailleurs, quand les uns et les autres reviennent sur leurs pas, les escarpins ne sont pas là, non plus que le corps. Etait-ce un mirage ?

Le lecteur se fait ainsi témoin des témoins, par ce roman entre comédie et sociologie. Une grande finesse d’écriture.

Le dénouement, inattendu, ravit le lecteur qui comprend alors la raison du terme « roman-piège » employé dans le Canard Enchaîné.

A lire !

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