La tête du lapin bleu, Wendall Utroi

 

Genre : littérature contemporaine, drame

Editions : autoédition

Paru en : 2018

Nombre de pages : 499

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Mon avis

 

Résumé : Quand l’amour terrasse Ava et Léo sur les bancs du lycée, et qu’un an plus tard, à l’approche de la naissance de jumeaux, ils convolent en justes noces contre l’avis de tous, on comprend que le bonheur peut être soudain. Les histoires toutes simples ne sont pas les moins belles. On s’aime, on se marie, les rires des enfants viennent peupler notre petit monde. Le bonheur n’est pas aussi exigeant qu’on le dit. Puis, avec les années, on pense que rien ne peut troubler notre quiétude, notre douceur de vivre.
Mais, c’est sans compter sur le destin. Lui peut se jouer de nous… brouiller les cartes, changer les règles. Vous pensez que rien ne peut vous arriver ? Et si vous vous trompiez ?

 

Un accident, de ceux qu’on voit dans la catégorie Faits divers, qui nous arrachent une larme de compassion. Un choix à faire, terrible, inimaginable, lourd de conséquences. Et le réveil de celle qui a survécu, qui n’aurait peut-être pas dû, pour qui la vie est désormais un enfer.

Dans La tête du lapin bleu, le lecteur assiste impuissant à la chute vertigineuse d’Ava. Femme heureuse jusqu’alors, mère comblée, elle s’est habituée à son bonheur, c’est un acquis, un fait immuable. Puis vient la déchirure. Le point de rupture signe la lente agonie de cette femme que le chagrin et la culpabilité vont engloutir toujours plus profondément. Voilà qu’elle découvre la trahison, voilà que le passé lui-même se teinte de couleurs mensongères. Ceux qui l’entourent ne l’épargnent pas mais son pire ennemi, c’est elle. Chaque fois que la vie lui offre la possibilité de rebondir, elle détruit consciencieusement cette opportunité. Ses coups de folie la font chuter toujours plus bas. Chaque fois, le lecteur pense qu’elle ne peut pas se détruire davantage, chaque fois Ava lui prouve son erreur. Chaque instant de bonheur, elle le rejette, comme une punition.

Le lecteur, tout comme le lapin bleu, sombrent avec elle, témoins de ce saccage. La question se pose : Ava a-t-elle toujours été ainsi, sa violence et sa fragilité tenues à distance uniquement par l’illusion d’une vie de famille heureuse ? Serait-elle différente sans cet accident ? Cette fuite en avant, le lecteur l’accompagne, pressent les décisions terribles, aimerait pouvoir arrêter Ava. On a envie de lui crier « Ne fais pas ça » mais Ava n’écoute pas. On se dit qu’elle est folle, irrécupérable.

Et on se rappelle alors que cela pourrait nous arriver aussi. Que nous ne nous tenons jamais bien loin de la lisière de la folie. Qu’on peut basculer, en seulement quelques mois, quelques jours, quelques heures. Qu’il suffit d’un instant pour que tout ce que nous avons construit soit perdu à jamais. Ava est un rappel : elle nous interpelle et nous dit tout ce que nos vies ont d’éphémère.

Avec, au fond de l’eau, une lumière, un espoir peut-être.

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