Ecrire un polar


« Ecrire un roman policier, c’est compliqué ! »

C’est une phrase que j’entends régulièrement depuis des années, que ce soit de mes collègues auteurs ou de mes lecteurs. Le polar est un genre qui paraît particulièrement complexe à écrire. Et c’est vrai !

Car non seulement l’écriture est importante, comme pour tout roman : le style, la fluidité de la lecture ; mais en plus il faut mettre en place une trame qui ne laisse pas de place au hasard. Pas question d’écrire en vrac en se laissant entraîner au fur et à mesure par l’histoire. Un polar, l’auteur doit en connaître tout le déroulement : du crime au dénouement, qui a tué qui et pourquoi. Créer cette trame prend presque autant de temps que l’écrire !

Ni trop ni pas assez

La seconde difficulté, une fois que l’auteur a défini clairement l’ensemble de l’intrigue, c’est de ne pas la révéler trop facilement. Il faut laisser au lecteur de quoi se perdre, douter, partir dans de fausses pistes, hésiter entre plusieurs suspects. Pour autant, le dénouement ne doit pas sortir de nulle part, il faut que le lecteur ait été capable de le deviner au moins en partie. Qu’en découvrant la fin, il puisse faire le lien avec les indices parsemés au fil de l’histoire. Il faut laisser sa chance au lecteur, en somme !

Attention aux stéréotypes

Enfin, il faut se méfier dans la construction des personnages, pour ne jamais verser dans le stéréotype facile. C’est valable pour tous les romans et en particulier dans les policiers où on peut rapidement glisser vers des personnages qui sont réduits à leur fonction et à une ou deux caractéristiques : l’inspecteur véreux, l’adjointe dynamique, l’informaticien geek, le scientifique déjanté… Des personnages vus et revus jusqu’à lassitude, qu’il faut s’interdire de reproduire indéfiniment.

Bref, écrire un polar est un exercice complexe mais passionnant. C’est un défi. En ce qui me concerne, c’est un défi d’autant plus grand que je suis habituellement une auteur « bordélique » : j’écris le plus souvent par bribes, dans le désordre, et je rassemble tout mon bazar après. Cette fois-ci, j’ai dû être bien plus méthodique. Pari réussi ? Vous me direz ! En tout cas, j’ai beaucoup appris et Passé un certain âge a permis à mon écriture d’évoluer.

Impossible de ne pas se prendre au jeu ! J’ai déjà quatre nouveaux projets de romans policiers, toujours avec le commissaire Léandre. Et il ne se passe pas un jour sans que je dise : « tiens, ce serait pas mal dans un polar, ça ! »

2 réflexions au sujet de « Ecrire un polar »

  1. Il est vrai que la manière d’écrire un polar et à l’opposé de la mienne (j’écris plus par instinct, sans plan préparé au préalable). Ceci dit ça reste un exercice fort intéressant et un bon défi à relever.

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