7 Robes et Lila, Brigitte Hue-Pillette

 

Genre : littérature contemporaine

Editions : SarahLoup

Paru en : 2017

Nombre de pages : 221

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Mon avis

 

Résumé : Lila a sept ans. Lila est heureuse. Elle joue avec son frère jumeau Justin et regarde sa mère si belle, si coquette et si séduisante et son père a qui tout réussit. Mais le bonheur est fragile et quand un drame se produit, Lila regarde son univers et celui des adultes qui l’entourent se fissurer. Trahisons, tromperies et secrets, sept robes de sa mère la plongent dans un monde hostile et étrange. Saura-t-elle ne pas sombrer et survivre ?

Voilà longtemps que je souhaitais lire Brigitte Hue-Pillette et je ne suis pas déçue. Dès la première page, j’ai su que l’écriture me plairait : une plume observatrice, subtile, qui analyse et décortique ses personnages.

Lila, petite fille discrète et sauvageonne, qui aime la compagnie des arbres et ne veut pas grandir, est le témoin d’un monde adulte inauthentique, poudré de conventions et de vanités, violent dans ses cris comme dans ses sourires.

Sa mère Violette en est la représentante. Lila contemple cette mère volage, obsédée par le besoin de plaire et de paraître, défaillante et fragile. L’enfant est fascinée tout en refusant de lui ressembler. L’auteur dresse là le paysage doux-amer de la relation mère/fille.

Son père en revanche lui est moins familier, homme brillant et jovial à la carrière exemplaire, mais qui révèle au fil de l’histoire ses ombres teintées de jalousie, sa violence perverse à l’égard de Violette. Un homme à deux visages, qui glace le sang du lecteur en avançant dans le récit, sans pour autant perdre son humanité. David est un homme haïssable qu’on prend en pitié. C’est d’ailleurs un trait maître de l’écriture de Brigitte Hue-Pillette : dévoilant les aspects peu glorieux de ses personnages, elle les humanise.

L’auteur dévoile également la petite société de la bourgeoisie provinciale, avec une grande justesse. Monde étroit loin de la frénésie parisienne, où chacun tente de briller dans son cocon doré, où beaucoup s’enferment.

Enfin, sous le vernis lisse de cette famille, il y a Justin, le frère jumeau de Lila. Les premières robes l’évoquent très brièvement, comme s’il n’était pas vraiment là. Le lecteur s’interroge : une relation entre jumeaux, c’est une relation forte normalement. Pourquoi le frère n’est-il mentionné que de manière anecdotique ? On sent venir l’explication à ce mystère, tout en souhaitant se tromper. Jusqu’à ce que le couperet tombe…

Dès lors, les chagrins percent en chaque personnage, le monde parfait de Violette et David se fissure, et Lila sombre, portée par un désir macabre vers l’océan, elle si peu considérée par ses parents, trop occupés eux-mêmes à se perdre.

Quant à la fin (que je ne révélerai pas), une part de moi a été soulagée. L’autre part (celle de la lectrice sadique) aurait souhaité que tous les personnages sombrent totalement.

Bref, un livre magnifique, humain, tendre et violent, qui laisse une empreinte indéfinissable.

2 commentaires sur “7 Robes et Lila, Brigitte Hue-Pillette

  1. merci Loli, je suis extrêmement touchée et très heureuse que Lila te plaise, merci de ton commentaire
    à très vite de te lire à mon tour et déjà sur une nouvelle des Indignes, je suis conquise…
    Brigitte Hue-Pillette

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