Henning Mankell, Les chaussures italiennes

 

Genre : Littérature contemporaine

Editions : Le Seuil

Paru en : 2009

Nombre de pages : 352

En savoir plus : Amazon

« Va, tout s’en va »

 

Résumé : A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

 

 

Vous voulez un livre qui vous fera du bien et vous permettra de voir la vie en mode « feel-good » ? Passez votre chemin.

Dans les contrées endormies où se terre Fredrik, il n’y a pas de place pour la vie. C’est un temps long et continu dans lequel s’englue délibérément le personnage et dont l’existence en ermite ressemble à une expiation, un de ces supplices infinis qui aurait trouvé sa place dans quelque mythologie cruelle. Isolé des hommes et du monde séculaire, il ne communique qu’avec le facteur, qui ne présente humainement aucun intérêt et pour qui Fredrik n’a aucune affection. Le matin, il prend un bain de glace pour vérifier qu’il est toujours vivant. Le reste de son temps, il l’écoule sans y faire attention, en compagnie d’un chat et d’un chien, et laisse une fourmilière envahir son salon.

C’est dans cette indifférence à tout que commence le roman. Un début qui ressemble à une fin ; pire que la mort, Mankell nous présente la solitude, la vieillesse, le renoncement, les méfaits du temps. Jusqu’à la venue d’Harriet, qui bouleverse son quotidien et l’entraîne dans un « road-movie » à la recherche d’un lac que Fredrik croyait perdu à jamais dans ses souvenirs.

Un beau livre, tout en sobriété, sans lyrisme, sans concession, dont les mots se font silences.

1 commentaire sur “Henning Mankell, Les chaussures italiennes

Laisser un commentaire