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Quand on n’a que l’humour, Amélie Antoine (chronique)

Quand on n’a que l’humour est un roman dramatique d’Amélie Antoine. Publié aux éditions Michel Lafon en 2017, il a depuis changé de nom lors de son passage en livre de poche, prenant le titre Les silences. Vous pouvez lire son résumé et le commander sur ce lien.

Par ce nouveau roman, Amélie Antoine nous plonge dans les coulisses d’une célébrité enviée, à travers le personnage de l’amuseur public, Edouard Bresson. Il est humoriste, il est célèbre, il est aimé de tous et désespérément, irréversiblement seul. Rongé par la culpabilité et l’angoisse, il s’est éloigné de sa famille, de sa femme et de son fils. Il ne vit plus, en somme, qu’à travers les personnages qu’il a construit, rarement lui-même, toujours à couvert. Il a fait de la vie, pense-t-on, une immense farce. Mais la farce a aussi son revers, c’est un clown triste que nous présente l’auteur, pour lequel tout est trop tard. Jusqu’à sa dernière blague, la plus terrible, la plus noire qui se puisse concevoir.

Le roman d’Amélie Antoine se présente en deux parties. La première sous le regard d’Edouard, où s’alternent présent et passé. Un basculement de l’un à l’autre réalisé avec virtuosité, par la dernière phrase d’un chapitre qui devient la première du suivant, et ainsi de suite. Que cherche à nous dire l’auteur par cette narration particulière ? Peut-être qu’Edouard Bresson n’a plus de futur possible. Il y a le présent, insupportable et solitaire ; il y a le passé, accaparant.

La seconde partie est écrite du point de vue du fils d’Edouard, Arthur. Un fils en colère, qui a vécu avec un père absent, qui a cherché sa reconnaissance sans, croit-il, y être parvenu. Après l’ultime blague du père, il est l’heure pour le fils de partir à la découverte de cet inconnu. D’apprendre à le connaître, à le comprendre, à se réconcilier. Par une chasse au trésor géante organisée par Edouard, Arthur arpente les chemins de la résilience. Pour son père, et pour lui-même. Dans cette seconde partie, n’oubliez pas de bien regarder les titres des chapitres, une surprise s’y cache…

Le roman est prenant, davantage la première partie peut-être, quand le lecteur est suspendu au sort de l’humoriste. La deuxième partie prend les contours d’un roman d’apprentissage, sur la complexité des liens familiaux et la nécessité de se réconcilier avec le passé. Quand on n’a que l’humour est un beau roman en somme, émouvant et profond, qui donne à réfléchir sur les prétendus privilèges de la célébrité, qui construit des personnages et déconstruit des personnes.

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